Mon Frère.

Mon frère vient de faire un AVC. Il a 51 ans.
J’hésite à parler de lui au passé.
Je n’ai jamais été proche à cause de notre différence d’âge.

Eric, puisque c’est son nom, m’a toujours fait peur.
D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais su comment gérer sa brutalité. Je n’aimais pas aller chez lui, même pour un week-end, car ça signifiait que j’allais devoir supporter 48h d’engueulades et de cris.

Je le méprisais, lui le travailleur à l’usine, lui et son accent ch’ti, lui et sa télé allumé sur TF1 h/24, lui le fumeur de gitane, lui et ses bières. Toutes ces bières.

J’ai appris quelques années plus tard, que ce mépris ne venait pas de nulle part (relire Bourdieu). Et si je n’ai jamais pardonné sa violence, j’ai appris à le respecter lui, l’ingénieur, lui et son incroyable culture G. Au final, ce qui nous a lié c’est notre amour inconditionnel pour notre mère, lui le fils à maman.

Eric, c’est le seul qui m’a défendu quand j’ai fait mon Coming Out, c’est le seul qui a aidé ma mère quand elle a été hospitalisé après une chute.

Eric, c’est cet homme dont la vie s’est effondrée quand son usine a fermé en 2010. D’abord plusieurs périodes de chômage technique, puis le chômage tout court. Alors les quelques bières sont devenu plusieurs packs, après les packs, il fallait se lever la nuit pour finir le vin rouge.
Un psy ? Charlatan.
Dans le Nord, on sait comment soigner la dépression.

Delirium Tremens. Premier séjour à l’hôpital.
« Comment il va Eric ? » « Il vomit ce qu’il mange, il a mal au foie »
« Non, il ne veut pas aller voir le médecin, il sait que c’est grave ».

Hier, 21h: « Il a fait un AVC, il vient d’être transporté à l’hôpital de Lens ».
Ce matin, 8h: « Il ne va pas bien, le pronostic vital est engagé« .

Et moi, je ne sais pas quoi faire, pas quoi dire à part dresser ce portrait peu glorieux. J’aimerai raconter des souvenirs joyeux mais Eric, je ne le connais pas.
Je ne sais pas trop ce qu’on attend de moi. Je suis sidérée, je suis dans l’attente.
Oui, je vais préparer mon sac, oui, je vais prendre mes billets de train, oui, je vais être là.

Oui, je retiens mes larmes.

J’en ai marre de vos corps normés.

Il y a des périodes où j’ai des difficultés avec moi-même. avec ce corps qui est le mien. Avec cette énorme masse dont je ne sais que faire.
Les rentrées scolaires, les rentrées professionnelles, les sorties dans les bars, les sorties dans le métro, les sorties hors de l’appartement.
Ouais, okay. J’ai tout le temps du mal avec moi-même.

J’ai dû mal quand je dois affronter un escalier. Marcher à la même allure que tout le monde pour ne pas ralentir les gens derrière moi, quitte à m’en niquer les rotules. Je dois toujours regarder à deux fois avant de m’asseoir sur une chaise, par peur de la casser. Parfois, je ne monte pas dans un ascenseur parce qu’il y a déjà trop de monde. Je ne supporte pas la foule du métro car il y a toujours un regard pour me dire que si je n’y étais pas, on aurait pu gagner une place. M’asseoir sur un canapé où il y a déjà des gens est une épreuve parfois, parce que je sais qu’ils vont se pousser, me laisser de la place… mais sans doute pas assez pour mes grosses cuisses et mon gros cul. Alors, j’essaye de me mettre le plus au bord du canap’. Me casser le dos certes mais me faire toute petite.
L’éléphant dans le magasin de porcelaine.

Ceci dit, j’ai un background. Gamine rondelette, ma mère a eu la bonne idée de me mettre au régime à 11ans. Bien sûr, elle est dans le déni, m’affirme encore qu’il s’agissait à l’époque de « surveiller mon alimentation », que c’était pour mon bien. Sauf qu’elle ne se souvient pas des repas qu’elle me faisait sauter au soir, les visites incessantes chez la diététicienne, les interdictions à répétitions de manger trop gras/trop sucré/trop salé et les engueulades à base de « Et quand tu feras 100kilos, tu feras quoi ? ». J’ai même eu droit à de l’homéopathie.

Résultat, plutôt que de perdre de la graisse, je me suis cachée derrière. Une psy m’a dit un jour que c’était un moyen de tenir les gens éloigné de moi. Physiquement éloigné.

Aujourd’hui, j’essaye de dealer avec mes « troubles du comportement alimentaire ». Le grand nom scientifique, c’est l’hyperphagie. Moi j’appelle ça: m’étouffer avec du gras jusqu’à sentir mon ventre sur le point d’exploser.
Clairement, ça s’est calmé par rapport à mon adolescence marquée par l’auto-destruction. Le fait d’être végétarienne-tendance vegan depuis 1an aide pas mal. Pas que je ne peux pas m’empiffrer de gras (pro tip: les frites c’est vegan)… mais le fait d’avoir à disposition des produits qui mettent du temps à être préparé/cuisiné m’aide à y réfléchir à deux fois avant d’engloutir tout ce qui passe.

L’autre truc qui m’a aidé à modifié mon regard ces dernières années, c’est d’évoluer dans des milieux où l’on a mis des mots sur les normes qui sont les nôtres, sur ces « beautés fatales » inatteignables. Des endroits où l’on m’a fait découvrir le body positivism.

Pourtant, j’ai vite compris que la pensée politique, en France, n’allait pas forcément plus loin que les belles paroles.

Parce que je vous observe, je vois vos textes, vos tumblr sex-positif, je vous vois tourner vos films, partager vos photos, je vous vois relationner…
Et en toute inconscience, vous ne vous rendez pas compte que vos imaginaires sont remplis d’égéries minces, maigres, frêles, fines, sveltes .
Des corps que vous aimez, désirez, mettez en avant sur vos scènes alternatives. Vous arborez fièrement vos nouveaux binders quand je ne sais plus quoi faire de ma poitrine et de mon bide. Vous organisez des friperies où les tailles ne dépassent pas le 46.

Vous parlez de jouer avec le genre, d’éclater les limites quand il est difficile pour une personne comme moi de:
– trouver des fringues
– trouver des fringues masculines qui m’aillent
– trouver des fringues masculines qui m’aillent, sans me ruiner

Mais sachez que si dans ce texte, je vous fait la morale, je ne vous en veux pas car j’ai moi aussi intégré cette façon de voir le monde en poids plume.

Sauf qu’aujourd’hui, je peux vous le dire: vos imaginaires m’emmerdent, vos imaginaires m’ennuient. Ils sont trop petits, trop étroits, trop limités, trop blancs, trop ciscentrés. Aujourd’hui, je peux vous dire que j’ai le droit de prendre de la place, j’ai le droit d’aimer, d’être aimée, d’être désirée et d’exister.

J’ai le droit de vous dire que j’en ai marre de vos corps normés.

Love your body the way your mother loved your baby feet

And brother arm wrapping shoulders, and remember
This is important

You are worth more than who you fuck
You are worth more than a waistline
You are worth more than beer bottles displayed like drunken artifacts.
You are worth more than any naked body could proclaim in the shadows,
More than a man’s whim or your father’s mistake
You are no less valuable as a size 16 than a size 4
You are no less valuable as a 32a than a 36c
Your sexiness is defined by concentric circles within your wood
It is wisdom
You are a goddamn tree stump with leaves sprouting out
Reborn

[TW: Suicide, auto-mutilation]

Paroles d’adoptée… (en quelques pensées pas encore organisées)

Je suis actuellement dans un état émotionnel assez fragile. L’une des raisons principales étant tout ce travail que je fais autour de l’adoption. Autour de mon adoption. C’est assez réconfortant de savoir que l’on est pas seule au monde à se poser des questions… mais c’est aussi bouleversant de ne pas y trouver de réponse.

Depuis bientôt un mois, je me retrouve confrontée à différentes personnes, à différentes histoires. A chaque fois, je me pose la question: « Et si leur histoire était mon histoire ?« . J’en apprends tous les jours un peu plus sur les trafics d’êtres humains qui se font pas si loin de chez vous (à Versailles, pour vous donner une idée). Toujours avec la complicité de l’État et de la très sainte église Catholique.

L’état français qui s’obstine à rendre difficile d’accès ton dossier pour cacher ses ignominies. L’état français qui estime que tu n’as pas le droit à l’intégralité de ces informations par simple soucis d’intégration. L’état français qui pense à ta place et qui ne se dit pas que ça serait intéressant d’avoir accès, au moins, à un quelconque dossier médical pour prévenir d’éventuelles maladies génétiques.

J’ouvre les yeux sur les mensonges et les réalités autour de l’adoption. J’apprends à démonter les discours pro-adoption.

Parce que vous devriez réfléchir à deux fois avant de dire à unE adoptéE qu’ielle a eu de la chance. La chance ? La chance de quoi ? De ne pas avoir choisi ? Avec un tel discours, si l’adoption se passe mal parce que la famille adoptive est toxique, par exemple, vous nous enlevez le droit de la remettre en cause: « C’est mieux que rien, parce que ça si tu n’avais pas été adopté, tu serais sans doute en train de crever de faim dans la rue« . Mais qu’est-ce que vous en savez ? Le concept de chance ne vise qu’à culpabiliser les adoptéEs et les prive du droit à critiquer leur situation, du droit à être en colère.

L’adoption internationale, c’est du sexisme dans le sens où on manipule les mères biologiques qui sont souvent en état de détresse émotionnelle (femmes malades, pauvres, célibataires, violées…) pour qu’elles abandonnent leurs enfants.
Du sexisme car on préférera les adoptions plénières pour que la mère biologique ne puissent plus jamais rentrer en contact avec ses enfants. Ou réclamer des nouvelles. On coupe le lien, on efface toutes les traces d’une génitrice.

C’est du mépris de classe parce qu’on estime que des pauvres ne peuvent pas élever d’enfants. Parce que plutôt que d’aider les pays en difficultés, on leur vole leurs enfants, pour leur donner une « vie meilleure » dans des familles plus aisées financièrement.

C’est du racisme et du néo-colonialisme car les adoptions se font toujours dans le même sens: Les occidentaux blancs qui vont dans les pays du Sud pour se fournir en enfants. Jamais l’inverse. On ne va jamais favoriser l’adoption intra-Européenne (France-Belgique par exemple) et il est de plus en plus difficile d’adopter au sein même de la France.

C’est de l’âgisme, car on considère l’enfant comme un objet. Un objet qui nous ai du. Et que l’on peut les laisser tomber de nouveau si il nous sied.

Pour se donner une idée, procurez-vous ce film: http://www.traileraddict.com/mercy-mercy-a-portrait-of-a-true-adoption/trailer
Le trailer n’est pas disponible sur youtube.

C’est mettre en danger les adoptéEs car on ne se dit pas qu’un enfant adopté a subi un traumatisme de l’abandon, que ce trauma s’exprime à différentes échelles et qu’il mérite un suivi psychologique dans le but que ça ne se répercute de manière négative sur sa vie d’adulte.  Tout cela en sachant que les enfants adoptés font 4 fois plus de tentatives de suicide que les autres. Voir aussi ce lien: http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=ADO_055_0111.

Aujourd’hui, je réapprends à ne plus être blanche, à ne plus être française, à ne plus répondre au prénom « Anaïs ». J’essaie tant bien que mal de me reconnecter avec le Chili, avec la culture Mapuche. J’étudie même la possibilité de demander la nationalité chilienne.

Mais sans cesse les questions fusent et ces derniers temps, j’affronte la question la plus terrible d’entre toutes: « Et si j’étais née d’un viol ? »

Toutes les informations que je regroupe sur mon histoire vont  dans ce sens. Je sais que la personne qui m’a mise au monde a fuit dans les montagnes. Je sais que les deux enfants qui m’ont précédée dans son ventre ont été reconnu par leur père. Mais pas moi.
Je connais la situation sur l’avortement au Chili. Je suis au courant des méthodes d’intimidation qui ont lieu pendant la dictature de Pinochet.
Je sais. Je sais… Mais je ne sais pas comment y réagir. Si l’information s’avère véridique, comment dois-je le vivre ? Comment dois-je me construire avec cette histoire gravée dans mes gênes ?

J’ai encore tant de choses à affronter, à mettre à plat, à écrire. Cet article n’est que le début de mon chemin vers l’apaisement.

Un regard de Blanc.

Hier après-midi, j’ai assisté à une projection autour de l’adoption. A vrai dire, j’ai aidé à organiser cette projection et celles qui suivront.
L’idée étant de se réunir entre personnes adoptées, créer un réseau, peut-être dans un futur proche mener des actions.

Le premier film qui a été diffusé, et que je ne peux que vous conseiller, est « Né sous Z » de Frédérique Pollet-Rouyer.

« Est-ce qu’on avait besoin d’être sauvé ? »

Au milieu des années 1950, la France est chassée d’Indochine. C’est le début de la fin de son empire outre-mer. C’est aussi une défaite implacable qui entraîne le départ des Français et des réfugiés, parmi eux, 4 500 enfants métis, devenant des orphelins français. Robert est l’un d’eux. Comme ces enfants, oubliés de leurs pères, militaires français qui ne les avaient pas reconnus, il a été arraché à sa mère vietnamienne pour être confié à une institution en France. Plus de cinquante ans après, il décide de remonter le fil du temps pour comprendre, et de retourner sur ses traces jusqu’au Viêt-Nam. L’histoire de Robert n’est pas seulement celle d’un abandon familial, c’est le drame de la guerre. La guerre d’Indochine qui a déterminé son destin. Sa quête sera le fil conducteur grâce auquel le film racontera cet épisode trop peu connu de l’histoire française : la perte de l’Indochine.

Ce film n’est pas mon histoire mais je devais le partager.
Pour tous ces enfants oubliés. Pour tous ces enfants colonisés de l’intérieur. « Colonisé » c’est le terme.

Durant la discussion qui a eu lieu, suite à la projection du film, la réalisatrice nous a parlé de la vision de Robert sur le pays où il est né.
Ce n’était pas le sien mais c’était surtout, pour lui, un endroit en désordre, un endroit qu’il ne comprenait pas, un endroit qu’il aurait pu arranger à sa manière si il en avait eu le pouvoir. Le regard du Blanc sur une culture qui n’a pas pu être la sienne. Le regard du dominant.

Ce regard que j’ai longtemps porté sur le pays qui m’a vu naître. Pourquoi ce regard sur un pays dont je n’ai aucun souvenir ?

Parce que c’est un regard que l’on t’inculque: « Tu as été adopté parce que le pays était sous la dictature/ parce que ta mère n’avait pas de quoi te nourrir » …

Comprenez plutôt: « pour te donner une chance de vivre dans un pays civilisé, un pays où tu n’auras jamais à mendier, où tu auras la chance d’étudier »

Pourtant, l’histoire a fait que je n’ai pas fait d’études et que j’ai connu le manque d’argent.

Ce discours, mes parents l’ont tenu. Je ne leur en veux pas, ielles n’en étaient pas conscients. C’était juste le regard qu’on leur avait inculqué.

Ce regard de Blanc qui pense faire « une bonne action » en enlevant un enfant à sa terre. Ce regard de Blanc qui ne pense pas qu’on vide une terre de son sang, de sa jeunesse, de sa richesse et de ses espoirs.

Dominants, dominés. L’adoption m’a colonisé.

I’m looking for my name.

Je me suis un peu triturée l’esprit avant d’écrire ce billet. J’ai eu de chouettes conseils, de plein de personnes encore plus chouettes qui m’ont aidé à y voir plus clair et je ne les remercierai jamais assez.

Depuis quelques temps, je pense très sérieusement à changer de prénom.
Pas sur mon état-civil, je précise (mais peut-être y viendrais-je un jour).

C’est une démarche peu commune, hors milieu TPG-Féministe (mais peut-être que je m’avance). Et je me suis énormément senti illégitime dans ce cheminement.

J’ai tout un tas de raisons qui font que j’ai envie de me nommer autrement que par le prénom qui a été choisi par mes parents adoptifs.

La première étant que « Anaïs » n’est pas le prénom qui a été choisi pour moi à la naissance.
Sur ma carte d’identité chilienne, il y a écrit « Valeria ». Hors « Valeria », ce n’est pas moi.
Pas plus que ne l’est « Anaïs » aujourd’hui. J’ai grandi avec cette double identité pas tout à fait chilienne mais pas tout a fait française, non plus (relire ce billet pour comprendre). J’aimerai aujourd’hui donner un nom à celle que je suis aujourd’hui. Cette personne que j’ai choisi d’être.

La deuxième raison est que ce prénom a été choisi par mon père et que je ressens le besoin de me distancier de lui à tout jamais. Mais ça, j’en parlerai à ma thérapeute.

J’ai encore bien d’autres raisons. Quand je pense à « Anaïs », je pense à celle qui a été brutalisé à l’école, aux brimades qui vont avec, je pense à la sans-pote, l’outsider.

Quand je pense à « Anaïs » je pense aussi à la féminité. La féminité qu’il évoque (je vous passe les pubs pour le parfum) mais aussi à la féminité à laquelle je n’ai jamais su accéder. A cette féminité à laquelle je ne correspond pas et ne correspondrai jamais. Je ne détaillerai pas plus, j’ai encore la tête en chantier vis-à-vis de ces questions d’identité.

Le fait est que j’ai commencé des recherches sur d’éventuel prénoms qui pourraient remplacer mon prénom d’usage. J’ai fini par me dire que quitte à recommencer à zéro, autant faire ça bien, alors voilà…

Aukan, mon prénom est Aukan.

Aukan (prononcez « awkane« ) signifie « guerrier » en langue Mapuche.
La langue Mapuche est la langue de mes ancêtres (enfin, si j’en crois l’histoire raconté par ceux qui m’ont élevés).

Pourquoi « Guerrier » ? Parce que j’ai l’impression de me battre sans cesse contre mes démons, contre la dépression. Aujourd’hui, j’ai besoin d’entendre un message qui m’aide à aller de l’avant.

Bref, je vous ai écris ce billet pour vous expliquer le pourquoi du comment et si possible éviter à me répéter 150 fois.
Néanmoins, j’ai conscience que mes explications peuvent vous sembler obscures, dans ce cas là, je veux bien vous ré-expliquer ma démarche autour d’un verre.

J’apprécierai vraiment que vous fassiez l’effort de m’appeler par ce prénom que j’ai choisi.
Même si j’ai conscience que les débuts seront difficiles. Je ne prendrais pas mal vos éventuelles erreurs, j’en ferai sans doute encore moi-même.

Merci,

Aukan.