Soirée PDante

On m’a souvent traitée de communautariste. Voir même d’hétérophobe. Cela m’a fait souvent rire parce que si il y a bien une partie de la population LGBT que j’ai du mal à voir en peinture, c’est bien celle des Pédés Bourges.

Malheureusement, hier soir, je me suis retrouvée à les cotoyer le temps d’une soirée.

Hier soir, c’était le DJ-Set de JD Samson à la Java. La personne qui représente tout ce que j’aime dans le militantisme, en plus d’être une putain de musicienne. Celle qui se définit ni meuf-ni mec et qui a pour ainsi dire crée avec le Tigre, le mouvement Riot Grrrl.

Donc je me suis retrouvé avec les potes de ma meuf dans la file d’attente du club. Et voilà qu’un des pédés de la Java se pointe devant nous, pour filtrer l’entrée. Il nous reluque comme si nous étions d’une autre planète et nous demande si nous savions ce qu’était la Java ou plus exactement:
– « Vous savez ce que c’est ce soir? » [insérer ici un ton prétentieux]
– « Oui, c’est la Trou aux Biches… c’est le DJ set de JD Samson… on peut rentrer? »
– « Okay… vous pouvez y aller »

De quoi me mettre en pétard. Aurait-il fallu que je montre mon triangle rose sur ma veste pour y mettre les pieds? On ne faisait pas assez  gouine?
Et quand la meuf des vestiaires, tout aussi dédaigneuse, nous pose la même question, j’ai compris qu’on faisait trop gouine pour le lieu.

Pas comme le peu de gouines hipster habituées de l’endroit. Non, on était des gouines qui se contente de mettre des tee-shirt de geek et des basket pour sortir. Parce qu’ellescomme moi, en avons rien à foutre de notre apparence.

Hors ce  qui définit les Pédés Bourges parisiens (et je pourrais dire aussi Lillois, Bordelais. Même combat), c’est bien l’apparence.
Et le fric qu’ils mettent à ne ressembler à rien.

Ça achète des fringues qu’ils te diront avoir trouvé dans une friperie en bas de chez eux, mais vont dépenser dans le même temps un smic dans leur dernier I-Phone et mettre 200 balles pour un rail de coke.

Ironie du look et condescendance ultime envers ceux et celles qui n’ont pas de tunes.

On a passé 2h a tenter de danser sur des chansons électro inconnues, aux sons si répétitif qu’il est impossible de rester longtemps sur la piste sans s’être mis le foie à l’envers.

On a quand même eu droit au type qui voulait nous filer de la bière (« y’a pas de drogues, je vous assure ») qui suite à notre refus, l’a balancé sur le sol.

Le Pédé Bourge défoncé n’a aucun respect non plus pour ceux-celles qui nettoieront son bordel.

Bref, soirée chiante, vous l’aurez compris. Au point qu’on a pas attendu JD Samson et qu’on a décidé de se barrer.

Et là, vint l’épreuve des vestiaires.
Accumulation de bœufs complétement cookés qui ne comprennent pas qu’ils ont le droit de reculer plutôt que de pousser comme des connards.
Mais bon, c’est pareil dans le métro. Le savoir-vivre n’est pas français.

Durant cette attente, ma meuf a quand même eu des réflexions sur ses seins qui « prenaient de la place » .

On a donc compris que le Pédé Bourge était misogyne.

Ça doit être l’effet que ça provoque de ne traîner que dans un milieu d’entre-couilles.

Une demie heure plus tard, on arrive enfin a filer nos tickets pour reprendre nos affaires. La meuf du vestiaire est toujours là.
Sauf qu’elle n’a pas compris le principe du ticket de vestiaire.
MEUF, on te file les tickets, tu nous files les affaires qui correspondent.

Mais non, elle a prit son temps. A checké si tout était bien à nous.
Ca aurait pu passer pour de la conscience professionnelle si il n’y avait pas eu l’affaire du sac d’une de nos potes:
– « C’est à vous ce sac? »
– « Oui »
– « Vous êtes sures? C’est un sac de mec »
– « Non, c’est le sac de notre pote M. »
– « Non, c’est un sac de mec »
Et là, une meuf de la file d’attente qui renchérit: « Oui, c’est un sac de mec »
– « MAIS PUTAIN C’EST UN SAC DE GOUINE!!!! »

Elle a fouillé dedans pour trouver la carte d’identité et prouver qu’il s’agissait bien du sac de notre pote. Confirmation. Pas une excuse. Rien. Connasse de base. Elle en a oublié ma veste qui fait que j’ai du y retourner. De quoi te donner l’envie de commettre un meurtre.Cette soirée m’a mis en rage.

L’idée que c’est ce milieu qui est mis en avant dans les médias de base me dégoute. Ce milieu qui à mes quinze ans n’était accessible que par Têtu. Ce milieu auquel je n’ai jamais correspondu parce que femme, grosse, gouine et sans fric.

Sauf que si je suis communautariste, ce n’est pas pour ce milieu.

La communauté que j’aime, c’est celle où tu ne payes pas 15e l’entrée en boîte. Celle où il n’y a pas de délit de sale gueule parce que t’as pas la bonne origine, la bonne classe sociale, le bon genre, le bon poids.
Et c’est cette communauté que j’ai envie de défendre.

Publicités

6 réflexions sur “Soirée PDante

  1. Tu tires des conclusions un peu hâtives et définitives.
    Comme si avant même d’y mettre les pieds tu étais déjà sur la défensive.
    Contrairement à ce que tu peux penser, les physios se fichent pas mal de ton look, il s’agit beaucoup plus d’état d’esprit (d’autant plus dans ce genre de soirées, qui contrairement à ce que tu dis, ne coutent vraiment pas si cher pour Paris – 8€, il y a même des tarifs préférentiels 3€ avant minuit pour ceux qui n’ont pas bcp de moyens). Il faut juste ne pas tout prendre si personnellement et essayer de se mettre un peu à la place de chacun.
    Quant à ton dédain pour les Pd « bourges » parisiens,lillois, bordelais (urbains ? pour simplifier), on ne peut que s’étonner d’une telle attitude, alors même que tu sembles te plaindre toi même d’en être victime (selon toi).
    On peut être « smicard » et s’habiller chez Guerissol pour 10€, et souhaiter néanmoins investir dans un Iphone qui te durera 2 ans, quand bien même il t’en couterait un mois de salaire. ça n’a rien de spécialement ironique envers les pauvres, et tu n’as certainement pas le monopole de la compassion.
    Même les pauvres à 1$/jour économisent pour la télévision. Les hommes, quels que soient leurs ressources, ne se résument pas à une bouche à nourrir.
    Et il n’y a rien de mal à vouloir rester en lien avec le reste du monde.
    Quant à la soirée elle même et ce que tu en dis, permets moi d’être assez surpris :
    -la musique a pu ne pas te plaire (qu’ils passent au hit machine ou soient des tubes de l’été , n’est pas vraiment le propos) mais bon, il y a 4 DJ sur toute une nuit, qui ont tous des sensibilités un peu différentes, il me parait un peu douteux de faire la moue parce qu’un set ne t’a pas plu. Et pour quelqu’un qui aime tant JD Samson, tu as du sacrément te monter la tête pour ne pas souffrir d’attendre une demie heure qu’elle commence…
    -Sur les bières qui tombent sur le sol, ou y sont même précipitées « intentionnellement », c’est assez anecdotique. Quelqu’un passera derrière de toute façon. les gens ont des chaussures sales, ils transpirent, renversent leurs verres, les jettent par terre. il n’y a rien d’irrespectueux envers le personnel d’entretien là dedans. une boite n’est pas une soirée en appartement où on se déchausserait tous à l’entrée. c’est un lieu de fête où les gens s’amusent, boient , font éventuellement tomber leurs verres et leurs bouteilles. et ce n’est pas parce qu’ils se fichent de ceux qui laveront derrière. it goes with the territory. si tu veux faire des soirées où rien ne se casse et ne tombe par terre, sert des camomilles au bar.
    -Quant aux réflexions sur les seins de ta copine, bon, soit c’était dit avec humour et il ne faut pas en faire tout un foin, soit c’était effectivement irrespectueux, enfin, en tous les cas, on peut difficilement étendre la responsabilité des actions d’une personne à toute la boîte non plus. tu parles de misogynie, on pourrait presque dire que tu es toi même concernée par quelque phobie particulière.
    -Et enfin le vestiaire, tu parles toi même du monde qu’il y avait, et tu ne parles pas de la taille minuscule des vestiaires de la java, donc tu pourrais être compréhensive. Je trouve ça justement assez rassurant que dans le doute elle ait voulu vérifier que le sac t’appartenait bien. Pas la peine de monter sur ses grands chevaux…

    • Ah que j’aime quand on m’explique que l’oppression n’est pas vraiment de l’oppression.

      « Contrairement à ce que tu peux penser, les physios se fichent pas mal de ton look ».
      J’en doute. Il y a une manière de parler aux gens et je ne pense pas être paranoïaque au point de ne pas reconnaître quand on me traite avec condescendance. Et j’ai connu beaucoup de boîte où on filtrait l’entrée. A partir du moment où tu as tendance à bien te tenir, on te laisse rentrer sans interrogatoire sur la culture TPG.

      Pour ce qui est du prix de l’entrée, je veux bien te l’accorder pour cette soirée spécifique. Sinon, des soirées à 15e l’entrée, j’en ai vu aussi.

      Ce que les genTEs qui me critiquent ardemment sur les réseaux sociaux n’ont pas compris, c’est que je fais l’état d’un milieu en particulier, récurrent aux grandes villes.

      Le soucis n’étant pas le fait que ce soit des milieux urbains mais des milieux friqués qui ne sont pas à la portée de tous.
      J’ai quand même vu un gars avec une fourrure en zibeline.

      Pour ce qui est de l’Iphone comme tu le fais si bien remarquer, oui, il y a des gens qui font des économies pour s’acheter ce genre de chose. C’est leur droit.

      Même si je ne sais pas quel genre de Smicard, tu connais. Dans mon entourage, ils vont plus s’affairer à pouvoir payer leur loyer qu’à dépenser 700e dans un smartphone.

      Et c’est là, mon profond malaise face à cette soirée (comme à d’autres en milieu Pédé Cis majoritairement Blanc) qui n’est centré que sur le fric et l’apparence au point d’être Indécent à mes yeux. Et je sais reconnaître ce genre de milieu quand j’en vois, puisque je l’ai côtoyé une partie de mon enfance et de mon adolescence. J’ai ressenti le mépris de classe à cette époque, je l’ai ressenti à cette soirée.

      Pour ce qui est de la soirée en elle même. On était dans la boîte de 23h30 à 3h, je pense en avoir fait le tour et de l’ambiance et de la musique 😉

      Le mec qui a balancé sa bière sur le mur est avant tout un comportement très révélateur puisqu’il ne s’agissait pas d’un simple accident (ou alors provoqué par l’absorption de substance n’ayant rien à voir avec l’alcool). J’ai traîné en milieu Punk, qui niveau défonce sont beaucoup plus hardcore qu’à la Java, je n’ai jamais vu un tel mépris.

      Les réflexions sur ma meuf? Ah oui, l’humour justifie tout, c’est vrai. Ce n’est pas non plus révélateur d’une façon de penser. Tout comme le fait que des personnes se retrouvent à vouloir genrer un putain de sac 😀 (Quand une soirée veut se donner une caution Queer en invitant une artiste Genderfuck, le minimum, c’est d’éviter de genrer les personnes, sinon ce n’est qu’une forme d’hypocrisie pour cacher l’envie de se faire du fric).

      Maintenant, je reconnais avoir écrit cet article sur le coup de la colère. Pour autant, je ne le retirais pas. Déjà parce que ce n’est que ma vérité, mon avis, mon coup de gueule, je n’oblige personne à penser de même (si ça vous vexe, c’est qu’il y a sans doute des questions à vous poser).

      Et surtout, je ne l’aurais pas écris si je n’avais pas eu ce genre de soirées, dans d’autres lieux qui fonctionnaient de la même manière.
      Des lieux où les gouines butch étaient pour ainsi dire invisible (c’est assez révélateur, même si en soi, je n’ai rien contre la non-mixité). Mais où le public ressemblait à celui-ci: Gay, Blanc, Cisgenre, Svelte, (très souvent friqué. Encore que tu peux avoir des thunes et de la décence). Et là, ça me dérange.

      Et ça ne dérange pas que moi, puisque je ne suis pas la seule à dénoncer ce genre de milieu made in Têtu.
      Si vous avez envie de nier ce problème, cela vous regarde. Moi, j’ai choisi de ne pas m’en foutre 😉

  2. Merci de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Je ne dirais pas « bourge » pour ma part, mais pédant, c’est bien le mot exact. Et quand on est pédant, on ne cherche même pas à se remettre en cause (ce en quoi ils sont maître en la matière).

  3. Y’a pas plus misogyne qu’un troupeau de gouines! Les pédés ont au moins le bon esprit d’accepter et d’apprécier le sexe opposé, ce qui n’est généralement pas votre cas!

  4. « Sur les bières qui tombent sur le sol, ou y sont même précipitées « intentionnellement », c’est assez anecdotique. (patati patata)  »
    –> outch, outch, outch. ça me rappelle un jeune membre du ps lors d’une manif à qui j’avais reproché de jeter volontairement un papier par terre plutot que de le garder jusqu’à ce qu’il trouve une poubelle. Réponse en me désignant les engins de la propreté de paris : « y a des gens pour ramasser ». c’est resté comme une espèce d’image figée de ce qui me semble le plus odieux en terme de comportement.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s