Pourquoi je n’irai pas voir la Vie d’Adèle.

J’aurais pu intituler cet article : « Pourquoi je ne filerai pas un kopeck à ce blaireau » ou encore « Pourquoi vous me cassez les miches avec ce film de merde ». Mais ça n’aurais pas été assez politiquement correct.

Premièrement, je n’irais pas voir ce film à cause des conditions de tournage.
On en a parlé et reparlé. Et je fais partie de ces gens qui ont eu des infos de premières mains puisque j’ai des potes qui ont participé au tournage de ce film, en tant que figurants., puisque Kechiche a contacté mon centre LGBT pour les trouver.
Ce ne sont pas des anecdotes qui rajoute du piment autour du film. Ce sont des éléments graves.
Kechiche a prouvé mille fois qu’il était un réalisateur problématique, voir un connard de la pire espèce:

http://marv.les-forums.com/topic/968/pourquoi-je-deteste-abdellatif-kechiche-vol-2/

Donc non, je n’irais pas voir ce film parce que j’ai des principes.
Si vous arrivez à dealer avec votre conscience en séparant l’homme et l’artiste, en oubliant que des personnes ont été exploitées… Moi pas.

Je suis de ces personnes qui n’écoute plus aucune chanson de Cantat depuis la mort de Marie Trintignant. Parce que je ne peux pas soutenir ou financer ce genre de types. Parce que les artistes n’ont pas deux cerveaux ou une double personnalité, parce que leur vision artistique ne sort pas d’un gâteau surprise et qu’elle n’excuse rien.

Si c’est le cas, je me lance dans une carrière d’accordéoniste « mais siii je peux te traiter comme une merde, je suis une artiiiste« .

Parce que je pourrais oublier, pardonner, si des responsabilités étaient prises.
Quand Kechiche s’est-il excusé ? Est-ce que ses techniciens ont-il été payés ? Est-ce que Seydoux s’est excusée pour ses propos lesbophobes ? Non, non et non. A la place, on leur file une Palme d’Or. Conneries.

Mais ça, c’était le premier point.
L’autre raison pour laquelle je n’irais pas voir le film de Kechiche est une raison politique (je veux dire encore plus politique que de refuser de récompenser une crevure).

C’est le titre de mon blog : ma vie privée est toujours politique.
(à relire : l’article de Koala: http://chosesaleatoires.wordpress.com/2013/07/22/nos-identites-sont-politiques/ )

J’ai rajouté le « toujours » parce qu’on a tendance à l’oublier. On a tendance à croire que puisque la loi du « mariage pour tous » est passé (pour tous, sauf pour les couples binationaux), tout ira mieux dans le meilleur des mondes. Faux.
La loi du mariage a juste réglé un probléme d’homophobie institutionnelle, mais n’a pas réduit à néant les LGBTphobies de nos sociétés.

Pour ça, c’est un travail de longue haleine qui attend les BiTransPédéGouines chaque jour.
Et ce travail passe aussi par la représentation de nos existences dans les médias.

Je citerai ici l’excellent Marguerin :
Représentation et perception sont des phénomènes dynamiques : si les ados de mon anecdotes ont représenté un noir comme un primitif, c’est qu’ils perçoivent les noirs comme tels. Et s’ils les perçoivent comme tels, c’est que les noirs sont globalement représentés comme des primitifs au sein de notre culture. Encore une fois, tout cela ne pourraient être qu’une question d’images, « le petit monde abstrait des images », tout ça : mais la perception que nous avons des autres déterminent la façon dont nous les traitons (Dyer). La question n’est pas purement iconographique : elle est pratique, parfaitement concrète, comme peut l’être un refus de location d’appart, une discrimination à l’embauche, un contrôle au faciès, une insulte dans les transports en commun, ou bien, résumons-le ainsi : un regard, des regard, une multitude.

J’ai fait mon coming-in (coming-out à soi-même) à une époque (y’a 12ans) où je n’avais absolument aucun modèle de lesbienne autour de moi (Janis Bing en parle d’ailleurs très bien ). Et quand je dis « aucun modèle » c’est AUCUN.

J’ai appris l’existence des lesbiennes via les films érotiques de M6 le dimanche soir. Je ne sais pas si vous vous rendez compte à quel point ça craint de devoir à 14 ans, regarder des films érotiques dans le dos de ses parents pour savoir « comment on fait entre meufs? ».
Bien sûr, ce n’était pas réaliste mais…. C’était déjà ça.

Puis les médias ont un peu évolué. Il y a eu Xena, Original Cindy, Willow.
T.A.T.U, qui même si le groupe s’est révélé être un faux couple, avaient un message super positif et plein d’empowerment

Je guettais les images du clip de P!nk pour apercevoir un baiser.

Aujourd’hui, on a The Fosters, Grey’s Anatomy où parmi les personnages PRINCIPAUX, il y a des couples de lesbiennes.
Aujourd’hui, on a Ellen Degeneres, Portia de Rossi, Tegan and Sara, Raven-Symoné, Leisha Hailey, Kate Moennig, Rosie O’Donnell, Clea Duvall, Jodie Foster, Krystle Warren ….

Et en France… ? Je peux t’en citer 4 de tête : Virginie Despentes, Soko, Juliette Nourredine et Muriel Robin. Chouette.

Encore que j’ai énormément de respect pour les deux premières. Soko parce qu’elle a toujours assumé sa bisexualité.
Et Despentes parce qu’elle a réalisé « Bye Bye Blondie » en 2010. Et si la réalisation ne casse pas trois pattes à un canard, on peut affirmer que le scénario et la mise en scène sont sincères. Tout cela produit avec des moyens limités et des acteurs-actrices dont on sent que le tournage a été un plaisir pour eux-elles.

Bye Bye Blondie a mis plus d’un an à être diffusé (faute de financement pour finaliser le montage) et n’est sorti que dans quelques salles en France, n’attirant que très peu le regard des médias.

Ce que je vous raconte là s’est passé, il y a deux ans. Deux ans sans films représentant un couple de lesbiennes à l’écran (en tant que personnages principaux). DEUX FOUTUS ANNÉES.

Et aujourd’hui, on a « la Vie d’Adèle ».
Qui fait grand bruit parce que présenté comme une histoire d’amour « universelle ».
Ce qui ne devait pas être le cas de « Bye Bye Blondie ». Despentes étant gouine, son film devait être communautariste.

Excusez-moi de trouver que ce n’est pas un hasard si on parle plus de « la Vie d’Adèle » film d’hétéros, réalisé par des hétéros et désolé si ça vous vexe, mais aussi pour des hétéros.

Preuve en est cette fameuse scène de cul qui fait tant parler.
Oui, causons un peu du tribadisme. Le tribadisme est une position sexuelle lesbienne. Une parmi tant d’autres. Et je n’ai absolument rien contre les personnes qui la pratique. Personnellement, je trouve que c’est beaucoup d’efforts pour peu de résultat. Mais soit.

Maintenant, je vous demande de vous remettre dans la peau de vous quand vous aviez 16-17 ans.
De vous souvenir de votre première fois. De la peur, de l’appréhension de mal faire, mais aussi de l’excitation et parfois même de la passion.

Sii vous êtes hétéros, est-ce que vous vous êtes souvenu faire ce genre de position lors de votre première fois?
kama sutra

Beh c’est un peu ce que m’évoque le tribadisme. C’est acrobatique et un peu ridicule.

Et quand j’ai couché avec une fille la première fois, ce n’est absolument pas le genre de position que j’avais envie d’expérimenter.
J’avais déjà peur de faire un cunnilingus.

Maintenant, osez me dire que choisir de montrer le tribadisme, c’est réaliste. Que c’est censé être représentatif de la sexualité des lesbiennes et des bies. Je n’ose même pas me mettre dans la peau d’une bébé gouine ou bie de 17 ans qui verrait ce film.

L’autre problématique dans la représentation des lesbiennes et des bies dans ce film, c’est d’avoir totalement effacé l’idée du placard.
La BD de Julie Maroh est une œuvre qui m’a bouleversée car elle m’a rappelé mes peurs adolescentes. Faire mon coming-out à ma mère avec le risque de me faire virer de chez moi.

Dans la BD, c’est d’ailleurs ce qu’il se passe. (Ici, je vais réutiliser les noms du film, mais dans la BD, Adèle s’appelle Clémentine).
Dans la BD, on sait qu’Adèle va mourir dès le début, ce n’est pas un spoiler, l’histoire commence comme ça.
La question est pourquoi ?
Une des réponses est qu’Adèle meurt à cause de l’homophobie intériorisée. Car elle n’a jamais pu faire face à son homosexualité au point de se bourrer de médocs. Parce que Emma était politisée, fière et qu’elle n’a jamais pu la suivre sur ce terrain là.
Elle trompe Emma, non pas à cause « de la fin de la passion amoureuse » (comme j’ai pu le lire dans une interview de Kechiche), mais parce que comme beaucoup de LGBT, on a tendance à penser que c’est plus simple de rentrer dans la norme hétérosexuelle.

Et toutes ces situations ne sont pas que belles de par leur tristesse mais ce sont aussi des messages politiques forts. L’homophobie des autres nous tue, mais aussi l’homophobie qu’on a intégré au plus profond de nous.

Donc non, faire un film sur des lesbiennes en oubliant totalement cet aspect n’est pas acceptable. Filmer des insultes homophobes dans une cours de recré sans filmer les conséquences que ça peut avoir sur la confiance en soi et le bien être de l’héroïne, ce n’est pas acceptable.

Surtout quand on prétend filmer la réalité.
Ma réalité et celles de mes copines, c’est d’hésiter à tenir la main de sa meuf dans la rue. Surtout après ces mois d’homophobie exacerbée par les partisans de la Manif Pour Tous.

Je l’ai dis sur Twitter, je le redis ici : si j’avais un film toutes les semaines qui racontait des histoires de lesbiennes, de bies, de trans*, de gays, ça me passerait au dessus. A la rigueur, un tous les deux mois.
Mais pour conforter Christine Boutin, nous ne sommes malheureusement pas envahis de gays.

Il y a deux ans, il y a eu Bye Bye Blondie, aujourd’hui « La Vie d’Adéle » et je devrais patienter encore deux ans, voire plus, pour espérer un nouveau film qui tentera de me représenter à l’écran.

Cette occasion là a été gâchée. Or je vis dans un monde où je ne peux pas laisser gâcher le peu de visibilité qui m’est accordé par un connard misogyne et mégalo. Au final, Kechiche n’aura eu qu’une seule parole censée durant la promotion : ce film n’aurait jamais dû sortir.

Les critiques des potes:
. « Un bleu bien fade » par Laeticia et Marie: http://chosesaleatoires.wordpress.com/2013/05/31/un-bleu-bien-fade/
. « La vie d’Adèle – La Mort d’Adèle » par Marquise: http://lecerebro.leetchee.fr/la-vie-dadele-la-mort-dadele/
. « La mort d’Adèle » par Mawy: http://koudavbine.blogspot.fr/2013/10/la-mort-dadele.html
. « Pourquoi nous n’avons presque pas aimés ce film » par Caro et Dark My: http://caro.yagg.com/2013/10/10/la-vie-dadele-ou-pourquoi-nous-navons-presque-pas-aime-ce-film/

A lire aussi, la critique du Docteur Marv: « La Vie d’Adèle, chapitres 1 et 2 (Abdellatif Kechiche) »
http://marv.les-forums.com/topic/985/la-vie-d-adele-chapitres-1-et-2-abdellatif-kechi/

Je rajoute la critique de Gwen Fauchois:
« Adèle bleu sec : lesbiennes en mode mineur »
http://gwenfauchois.blogspot.fr/2013/10/adele-bleu-sec-lesbiennes-en-mode-mineur.html

Le coup de gueule de Marie-Hélène Bourcier:
https://soundcloud.com/marie-helene-bourcier/chronique-mh-bourcier-la-vie

Fluctuanet: « La vie d’Adèle, qu’en pensent les lesbiennes? »
http://fluctuat.premiere.fr/Cinema/News/La-Vie-d-Adele-qu-en-pensent-les-lesbiennes-3870017

Finissons sur cette merveilleuse vidéo de Supervener:

 

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7 réflexions sur “Pourquoi je n’irai pas voir la Vie d’Adèle.

  1. Très bien écrit. Après je comprends ton avis, et je connais mal ce que c’est que d’être une lesbienne. Ma méconnaissance me permet peut être d’être moins sévère sur La Vie d’Adèle, que j’ai beaucoup aimé, comme je l’explique http://bit.ly/19Zekdm. Cela dit il y a beaucoup d’émotions dans ce film, et Kechiche ne creuse pas vraiment la psychologie mais s’attarde beaucoup plus sur le ressenti de la passion, comme si c’était un couple hétéro. Une erreur, peut être.

  2. Je respecte votre point de vue. Cependant, vous vomissez sur une personne que vous ne connaissez pas, A Kechiche (ah oui, vous avez des infos de première main ! invérifiable…), et vous critiquez un film que vous n’avez pas vu… Singulier, comme manière de procéder. Vous mettez certes un lien vers un blog, pour justifier vos attaques contre le cinéaste. Bon, mais que valent les propos tenus sur ce site ? Déjà, son nom, « Chroniques Geek », ne laisse pas augurer du meilleur (tout comme l’image en bandeau, Gravity, stupide survival que l’on compare de manière incompréhensible à 2001, l’odyssée de l’espace). Mais ne soyons pas méfiant… L’auteur voit plusieurs films récents par an, c’est donc un critère de légitimité ! (peut-être devrait-il aussi en voir de plus anciens, pour parfaire sa culture patrimoniale…). Cependant, pour l’essentiel, ses arguments ne reposent que sur des rumeurs ayant filtré dans la presse, dont peu ont été vérifiées, à vrai dire. Sur le fond, on ne trouve rien sur le film dans votre texte, démarche un peu vaine, en vérité…

  3. Nicolas>  » Kechiche ne creuse pas vraiment la psychologie mais s’attarde beaucoup plus sur le ressenti de la passion, comme si c’était un couple hétéro. Une erreur, peut être. » Oui, et c’est ce que je lui reproche, surtout après cette année de débat sur le mariage pour tou-te-s qui fût hyper violente. Je ne peux pas lui pardonner de faire « une histoire d’amour universelle » alors que les LGBTphobies sont toujours aussi présente dans notre société.

    Christophe Lefebvre > Alors je valide votre commentaire, mais franchement, ça m’emmerde de répondre à quelqu’un qui n’a pas lu mon article. Je parle des conditions de tournages pourries, qui certes n’ont pas intéressés la presse, mais au fond qui ça intéresse que des TPG-militantEs se fasse insulter ou prendre pour des conNEs?

    Pour le reste, je me suis TRÈS bien expliqué sur le fait que je n’irais pas voir/financer ce film pour des raisons politiques et des questions de représentation des lesbiennes sur grand écran.
    Le fait que vous vous arrêtiez SEULEMENT sur les critiques de Marv et pas celles des lesbiennes est une preuve que notre parole est invisibilisée.

  4. Les techniciens, surtout débutants, sont souvent exploités sur les tournages. Pour qu’on en parle si activement concernant « la vie d’Adèle » c’est que cela doit être une réalité. (Le mensuel cahiers du cinema l’abordait aussi le mois dernier)
    Je suis tout à fait d’accord sur le fait de « boycotter » le film. Aller le voir revient pour moi à encourager l’exploitation.
    Si on a beau dire qu’il ne faut pas juger l’oeuvre d’un artiste à son créateur, là, le système de création lui même est concerné.
    Ce n’est pas comme si on polémiquait sur la vie privée de l’artiste, qui n’aurait rien à voir avec le film, mais bien sur l’élaboration du film lui même!

    Pour illustrer mon idée de manière exagérée:
    -Si je torture des animaux ou encore des bébés et que je fais en parallèle de jolies toiles, c’est une chose.
    -Si je torture des animaux ou bébés et que j’en fais un outil de la création de mes toiles, c’en est autre chose. (libre à vous d’imaginer comment) Tout d’un coup mes actes deviennent indubitablement liés à mon travail créatif. Ils font parti du processus même de fabrications des oeuvres.

  5. Contrairement à la grande majorité des commentaires, je viens à l’instant de terminer le film et je l’ai trouvé extraordinaire, et même un peu trop court. A plusieurs reprises j’ai pu lire que le film était un film de « bobos », qu’on y comprenait rien, que c’était trop long et j’en passe. En ce qui concerne la « communauté » lesbienne (je n’aime pas trop utilisé ce terme qui engendre tout de suite une mise à l’écart mais c’est le seul mot qui me vient), les avis sont plutôt mitigés mais tendent tout de même vers le négatif surtout à cause du manque de crédibilité, et le décalage avec la réalité.

    Personnellement, j’appréhendais beaucoup ce moment et j’avais peur de voir le film. Pourquoi ? parce que dès que j’ai vu la bande annonce, j’ai vue que la vie d’Adèle c’était en fait un petit bout de ma vie, de ma souffrance retranscrite sur le grand écran. Je ne peux vous dire à quel point nos vies sont similaires, à quel point nos sentiments se ressemblent ainsi que nos actes, et c’est bien pour cette raison que j’avais peur de le voir, peur de découvrir comment tout ça finira dans sa vie et peut être dans la mienne.

    J’ai trouvé ce film extraordinaire, et je parle en tant que jeune fille du même âge qu’elle qui se cherche toujours et encore, qui est triste tout le temps, qui ne comprend pas pourquoi elle, qui ne sait pas quoi faire, ni où elle va mais qui ne peut s’empêcher de céder à la tentation, à l’inconnu, à l’amour, au désir… Cela me tue intérieurement.

    OUI c’est un chef d’oeuvre car jamais je ne me suis senti aussi proche de la réalité (surtout de ma réalité) que dans ce film

    NON les scènes sexuelles ne sont pas de trop, et pas exagérées ! j’ai moi même expérimentées ce genre de pratique en tant que novice, on essaie de faire l’amour comme on le sent c’est tout, quelque fois je me disais « tiens j’aurais pas fais ça comme ça », mais bon, se prononcer sur une manière de « faire l’amour », c’est vraiment… injustifié, elle n’est pas non plus là pour représenter la sexualité lesbienne, et bon chacune ses pratiques.

    NON Adèle n’est pas ennuyeuse, loin delà ! cette fille joue sublimement le rôle, encore une fois, toutes les expressions, la manière de se justifier , de s’engueuler , c’est crédible à 200%.

    PAR CONTRE – Je suis entièrement d’accord avec le fait qu’on ne mette pas assez en avant les conséquences de l’homophobie notamment quand on compare le film à la BD. Je suis un peu restée sur ma faim dans le film, je n’ai pas vraiment saisi l’aboutissement, qu’est ce qu’on doit comprendre, quelles sont les conséquences, que devient Adèle, comment va t-elle gérer sa souffrance ? Etant dans le même cas qu’Adèle, je pensais que ce film m’apporterai des réponses, et finalement non.

    Mon seul regret, c’est que le film soit trop court, et que la fin ne soit pas convaincante.

    MÉRITE AMPLEMENT SA PALME D’OR, SON CÉSAR.

    Une hétéro un peu curieuse.

    • NinaMiop > Je valide votre commentaire et vais y répondre point par point. Même si ça m’énerve d’avance car vous n’avez pas lu mon article et le fait qu’il pointait ici la représentation des lesbiennes et des bies.

      D’autant plus que je peux y répondre en toute bonne foi aujourd’hui puisque j’ai fini par voir le film (je vous rassure, je n’ai pas payé pour cette bouse).
      J’ai clairement perdu 3h de ma vie. 3h de grand malaise.
      Déjà d’un point de vue cinématographique (n’en déplaise aux intellos en bois), Kechiche ne sait pas faire un film. Le montage est mauvais (et au vu de ce que je l’ai lu, je ne pense pas que ce soit la faute du/des monteurs mais bien de Kechiche), il ne sait pas faire de plan. Pour moi, filmer les gens en gros plan pendant 3h ne fait pas de toi un réalisateur talentueux (àà moins de tourner sur vidéo gag). Et ces gros plans renforcent le malaise. Avez-vous remarqué que même durant la scène du musée, il s’arrange pour ne filmer que les culs des statues ou culs peints sur les toiles ? Sans compter le cul de son actrice principale qu’on voit de long en large et en travers, même quand elle dort. Et ces gros plans sur sa bouche brrr…
      Bref, d’un point de vue purement cinématographique, ce film n’est pas bon et ne dit rien. La seule scène à peu près juste est la scène de bagarre dans le lycée. On peut au moins le saluer pour ça.

      Maintenant, revenons à votre commentaire: « En ce qui concerne la « communauté » lesbienne » Pourquoi mettre communauté entre guillemet ?
      Les communautés « lesbiennes », « gays », « biEs », « trans* », « queer » existent, ne vous en déplaise et ne forment pas un tout et sont multiples.
      « OUI c’est un chef d’oeuvre car jamais je ne me suis senti aussi proche de la réalité (surtout de ma réalité) que dans ce film »
      Très bien. Et si je vous dis que moi, et la plupart des lesbiennes que je connais ne se reconnaissent pas dans cette histoire, on fait quoi ? Je ne remets pas en question VOTRE ressenti. Je m’exprime d’un point de vue politique et d’une question de représentation.
      Si nous étions noyés de films FR (ou autres) mettant en scène la vie des lesbiennes et des biEs, le film de Kechiche ne me défriserait pas plus que ça (quoi que si, parce que « la vie d’Adele » est tout de même bien misogyne et remplit de Male Gaze). Sauf que, comme je l’ai signalé dans mon article, ce n’est pas le cas. Maintenant, posons nous la question de pourquoi ce film gagne des prix ? A obtenu des financements pour se faire ? Alors qu’un film réalisé par une lesbienne, il y a deux ans de ça est passé inaperçu ? Pourquoi ce réalisateur n’a t’il pas respecté la BD de Julie Maroh pour en faire une histoire autre ? Pourquoi on encense LA vision d’un homme hétéro cisgenre au lieu de chercher en mettre en valeur la parole et la réalité des lesbiennes (artistes ou non) ?

      « NON les scènes sexuelles ne sont pas de trop, et pas exagérées ! » Sérieusement ? La première fois avec une meuf, tu as fais des cuni et un 69 accompagné de quelques fessées ?

      « elle n’est pas non plus là pour représenter la sexualité lesbienne, » Beh si, parce qu’encore une fois, il y a trop peu de films sur les lesbiennes pour se permettre de faire n’importe quoi. Encore plus pour faire du porno bas de gamme. Parce que oui, pour moi, j’étais en train de regarder du porno pour mecs hétéros. Heureusement que j’étais sur mon ordinateur parce que j’aurais pas supporté voir ça dans un cinéma.

      « NON Adèle n’est pas ennuyeuse, loin delà ! cette fille joue sublimement le rôle » Là, je suis presque d’accord. Même si il faudrait lui dire qu’ouvrir la bouche à longueur de temps ne la rend pas sensuelle. Par contre, Léa Seydoux à le charisme d’une huître.

      « Une hétéro un peu curieuse. » Tiens, parlons de cette phrase, je la trouve d’une violence sans nom. Adèle ose franchir le pas d’un bar lesbien (p.s: il n’y plus de bars lesbiens à Lille depuis des lustres, il n’y pas de parc non plus… Mais bon, c’est la réalité… de Kechiche), et elle se fait accueillir en se faisant traiter « d’hétéro curieuse » ? Sérieusement ? Y’a pas assez de monde à Hétéroland pour partir du principe qu’on est tou-te-s hétéros pour qu’en plus, la gamine se fasse traiter dans un bar communataire, un des rares endroits à peu près safe ? De plus, ça ne dérange pas le personnage joué par Seydoux de draguer une mineure… M’enfin ça, c’est une autre histoire.

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